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2/10/21 Claude Reichman
     
      Voici que s’ouvre le bal des temps nouveaux !

Pourquoi tant de haine ? L’expression est de mise dans la France d’aujourd’hui. Mais qui hait qui ?

Les principaux porteurs de haine sont des gens qui vivent de l’argent public. Leur motivation de base est qu’ils ne bénéficient pas d’assez d’argent public. C’est là que le débat devient incompréhensible. Car pour savoir qui a assez d’argent public ou qui en manque, il faut être capable d’analyser son activité et les fonctions qu’il occupe. Or il existe dans notre beau pays de France d’innombrables métiers dont pratiquement personne n’est capable de dire en quoi ils consistent et à quoi ils servent.

La seule façon de régler un tel problème est de laisser une saine concurrence s’exercer. Les métiers nécessaires seront aisément reconnus comme tels. Les autres disparaîtront d’eux-mêmes, à charge pour leurs détenteurs de trouver une autre activité, ce qui dans un pays où règnerait la liberté économique n’est généralement pas difficile, surtout quand on connaît l’extraordinaire faculté d’adaptation de l’être humain, qui a permis son expansion planétaire.

Le problème devient insoluble quand y intervient la querelle du statut. Celui de la fonction publique est au cœur de l’Etat, depuis la monarchie jusqu’à nos jours. Le rêve de tout Français (sauf de quelques anormaux amoureux de la concurrence) est l’emploi à vie. Il permet de vivre sans souci existentiel, c’est-à-dire sans remise en cause de ce qu’on est, comme y oblige par exemple le fait de perdre son emploi et de peiner à en retrouver un autre.

La lutte pour l’emploi à vie est devenue difficile dans le monde moderne, qui a vu l’économie s’ouvrir à tous les vents de la concurrence. Du coup ceux qui en bénéficient sont devenus des privilégiés, et ce n’est pas chez eux que se recrutent les porteurs de haine. Ils sont en effet trop heureux de leur statut pour se plaindre, et on ne les voit manifester que sporadiquement, par principe et pour ne pas perdre la main.

Ceux qui expriment de la haine le font parce qu’ils ne sont pas tranquilles. Ils ont peur de perdre l’argent public dont ils vivent, parfois médiocrement, et veulent renverser la société pour instituer l’emploi à vie pour tous, c’est-à-dire pour eux. Ils instruisent le procès de l’Etat gestionnaire qui tente désespérément de maintenir le système en vie par quelques menues économies qui mettent en rage ceux qui travaillent dans les secteurs visés.

On l’a compris, le malheur français vient d’un Etat qui veut tout régenter au prétexte que le bonheur général pourrait en résulter, alors que son action ne crée que le désordre et la haine sociale.

Le pire est que l’action de l’Etat est comparable à l’alcoolisme : plus on boit, plus on a besoin de boire. Et pendant ce temps la France dérive au fil de l’eau comme le chien crevé qu’au fond d’elle-même elle ne se résout pas à être.

Bien des Français raisonnables ont tenté d’infléchir le cours de cette catastrophe. Ils ont échoué jusqu’à présent d’une part parce qu’ils n’ont jamais été en nombre suffisant, d’autre part parce qu’ils n’ont pas fait preuve d’assez de détermination et de persévérance. Disons en outre, sans vouloir offenser des individus courageux et amoureux de leur patrie, qu’ils n’ont généralement pas compris la véritable nature du mal français. Il est vrai que l’idée de supprimer un ornement national revient dans l’idée de certains à se couper un membre et que nul ne peut y consentir aisément.

Alors nous sommes condamnés à voir surgir dans le paysage politique ou social des individus nouveaux qui, un jour ou l’autre, entraîneront les Français dans la voie de la guérison. La crainte qu’on peut éprouver est que les sauveurs se trompent de diagnostic et que leur remède soit pire que le mal. On a vu souvent, dans l’histoire, des maux guérissable se transformer, par la faute de mauvais médecins, en issue fatale.

Gardons l’espoir. « En démocratie, a dit Tocqueville, chaque génération est un peuple nouveau. » Il s’en désolait pour le passé qu’on ignore. On peut aussi s’en réconforter pour les idées fausses dont la jeunesse sait souvent faire litière. Tout simplement parce qu’elle n’a pas appris à vivre avec ces stupidités et qu’elle n’en tient plus le moindre compte. Jeunes gens, jeunes filles, le bal des temps nouveaux va commencer. Dansez joyeusement : l’avenir est à vous !

Claude Reichman



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