La France sans solutions !
Débat pathétique à la télévision entre les deux candidats à l’élection
présidentielle. Débat brutal et confus, tout simplement parce que ni
Macron, ni Le Pen n’ont la moindre solution pour la France.
Macron est un inspecteur des finances qui s’inscrit dans la ligne des
politiques menées dans notre pays depuis plus de 40 ans. Le Pen défend
l’invraisemblable idée que tous nos maux viennent de l’étranger, alors
qu’ils sont le résultat de notre inadaptation à l’état du monde.
Aucun régime démocratique ne peut survivre quand plus des deux tiers
de la population active sont largués et en dissidence. Ces 20 millions
de personnes se sont réparties à égalité entre Le Pen et Mélenchon, et
sur quelques candidats marginaux. Elles n’auront entrevu aucun espoir en
écoutant les deux finalistes de l’élection.
Le Pen ne fera pas exploser l’Union européenne parce que malgré ses
sérieux défauts, celle-ci a réussi à constituer un espace économique
viable et cohérent où chaque peuple peut trouver son compte à condition
de s’adapter à de saines règles de concurrence. Macron ne redressera pas
l’économie française parce qu’il ne sait que bricoler les règles du jeu
de façon technocratique, au lieu de les changer en bon réformateur,
comme nombre d’hommes d’Etat, en Europe et dans le monde, ont su le
faire sans drame.
La brutalité du débat est le signe de la guerre civile qui vient.
Derrière des sourires de façade, il y avait de la haine. C’est ce qui
nous attend.
Cette élection va désigner un président intérimaire. Macron sera
probablement élu, mais il n’a pas la carrure ni l’assise pour faire face
au drame qui s’est noué. La coalition des grands patrons et des médias
derrière sa candidature ne sera que de peu de poids face à la colère du
peuple. Car si Macron n’a cessé, dans ses plus récentes interventions,
de parler de cette colère, il n’a pas compris sa cause et n’a jamais su
s’adresser à la France d’en bas, comme disait l’ineffable Raffarin, ou à
la France périphérique, comme on dit plutôt aujourd’hui, et qui est tout
simplement la France qui ne s’en sort plus.
François Fillon, tout mortifié qu’il fût par une campagne de presse
d’anthologie dans l’histoire des élections truquées, avait su établir le
bon diagnostic : la France a besoin de liberté. Ni Le Pen, ni Macron ne
la lui proposent. Pour l’une, c’est l’Etat qui doit reprendre toute la
place que l’évolution de la société lui a fait perdre. Pour l’autre, il
s’agit de raccommoder l’Etat avec des bouts de ficelle de façon à le
rendre plus présentable aux marchés afin qu’ils continuent à financer
nos déficits vertigineux.
« J’ai dû faire le con quelque part », chantait Henri Salvador. La
longue lignée de politiciens qui se sont succédé à la tête du pays
depuis la mort de Georges Pompidou n’a jamais cessé de faire le con.
Le défi qui se présente aux Français aujourd’hui est d’échapper à la
guerre civile en prenant, contre un Etat aux mains d’une camarilla de
petits messieurs bardés de diplômes et de certitudes, les commandes du
pays. Plus que jamais les citoyens doivent se grouper pour se préparer
aux affrontements qui vont éclater, et militer pour une démocratie
rénovée où chacun aura sa place grâce à la prospérité revenue.
La France doit dépenser moins pour son Etat et laisser plus d’argent
à ceux qui travaillent et investissent. Ce programme est aussi simple
qu’efficace. C’est celui que nous avons toujours défendu. Plus que
jamais, face au désastreux vide politique qui règne dans notre pays,
nous allons le présenter à tous et nous battre démocratiquement pour
l’imposer. Il y a désormais urgence !
Claude Reichman