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26/8/23 Claude Reichman
     

                 

Les chaînes d’information ne savent pas que la                   pensée libérale existe !

Les médias ne sont pas très appréciés en France. Ceux qui relatent la vie de ce qu’on appelle les « people », c’est-à-dire les gens connus pour appartenir au monde du spectacle ou de la mode, ont une clientèle fidèle mais aucune influence. Les autres jouent un rôle essentiel dans la politique du pays, mais sont largement critiqués par les Français, qui les accusent de manquer d’objectivité. Ils sont pourtant les seuls à alimenter le débat démocratique. Leur responsabilité est donc éminente, même s’ils ne sont pas à la hauteur de leur rôle. Restent les réseaux sociaux, où la parole est libre mais captée le plus souvent par des activistes peu représentatifs de l’opinion. Ne parlons pas des quotidiens nationaux, qui ont un passé glorieux mais qui agonisent.

Finalement, ce sont les quatre chaînes d’information en continu qui ont la charge de former l’opinion. Et qui manquent gravement à leur devoir. En effet on y voit toujours les mêmes invités, et le renouvellement des journalistes se fait au compte-gouttes. Quant aux spectateurs, ils sont au total moins de deux millions, ce qui, sur 52 millions d’adultes ne représente pas grand-chose. Et pourtant les Français sont restés un peuple raisonnable et plutôt bien informé. Il faut en remercier le long travail de notre civilisation, qui a façonné l’âme de notre peuple au fil des siècles.

Il n’en reste pas moins que nous sommes en train de rater notre rendez-vous avec l’histoire contemporaine. L’évolution du monde exige des peuples un effort d’adaptation qu’ils n’ont jamais eu à produire au fil du temps. Les nouvelles technologies se multiplient et provoquent des changements profonds et fréquents dans la vie des habitants de notre planète. Les leçons du passé ne suffisent plus. Il faut des solutions nouvelles que seules peuvent apporter des systèmes de pensée cohérents et évolutifs. A cet égard, le plus approprié est le libéralisme. Parce qu’il fait appel à ce que l’homme a de meilleur.

On ne compte plus les dictatures de tout type que l’homme a dû subir au fil des 5783 années de son histoire (si l’on en croit le calendrier hébraïque). C’est même le sort constant de l’humanité. Il faut en accuser la génétique qui a fait de nous de très proches parents des chimpanzés, chez qui la société s’organise autour d’un mâle dominant. Chez l’homme du vingt et unième siècle, le mâle dominant est l’Etat. Et l’on n’a pas même entrepris de s’en libérer qu’il réapparaît sous une forme semblable. L’homme a d’ailleurs toujours échoué à s’organiser durablement en dehors d’un Etat. Le mieux qu’il a pu faire a été de réduire l’Etat à une dimension modeste, de l’ordre du tiers de la société. Et c’est sous l’influence de la pensée libérale qu’il y est parvenu.

Bien entendu, nous ne parlons que de l’époque moderne, car la première démocratie, celle d’Athènes, ne s’est pas créée sous une égide étatique, non plus d’ailleurs que celles qui ont suivi jusqu’à une période assez récente où l’Etat a vu son poids et sa force décupler sous l’effet de la puissance industrielle et militaire que les nations ont acquise par l’effet du progrès technique. Et c’est à ce moment qu’il est devenu vital pour la liberté du peuple d’adopter un système de gouvernement capable de la laisser subsister. A ce jour, seule la pensée libérale y est parvenue.

La France, comme toutes les nations développées, doit adapter son organisation au nouveau cours du monde. Les Etats doivent y être cantonnés à une dimension n’excédant pas le tiers de la production si l’on veut que l’esprit d’initiative et de responsabilité puissent s’y épanouir, condition sine qua non du progrès matériel et de la paix civile. Or la France échoue lamentablement dans cet exercice, ne parvenant pas à se libérer de la tunique de Nessus de l’Etat fort né du désastre de l’Etat faible de la troisième République. Seule la pensée libérale propose la solution à ce problème dramatique.

Oui mais voilà, la pensée libérale est absente des débats français. Il y a bien ici ou là quelques libéraux qui s’expriment, mais ils n’accèdent jamais aux émissions des chaînes d’information, sauf s’ils adoptent la méthode shakespearienne consistant à « rugir comme un rossignol », c’est-à-dire à ne pas exprimer de propositions libérales. Les Français, à moins d’avoir de saines lectures, n’apprennent jamais qu’il existe d’autres solutions que les variations sur un thème étatique proposées par tous les politiciens.

On peut évidemment se laisser mourir en tant que nation. C’est ce que nous faisons en ce moment. Après tout, vivre et réussir est une ambition qui est rarement consacrée par l’histoire. Mais il arrive qu’une nation réussisse et illustre son temps. C’est ce que la pensée libérale propose aux Français. Malheureusement, ils ne l’entendent jamais. Parce que les chaînes d’information elles-mêmes ne savent pas qu’elle existe.

Claude Reichman


 

            

 

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