Les sénatoriales signent en fait l’échec
du socialisme !
Le titre de cet article va surprendre bien des lecteurs. En effet, la
victoire du parti socialiste aux sénatoriales est claire. Non seulement il
vient de conquérir la majorité des postes, mais il a obtenu le perchoir.
Saluons, en passant, la richesse immense de chacun des sénateurs et la
richesse encore plus grande du président du Sénat : cette richesse s'ajoute
au statut incroyable des autres élus qui écrasent l'économie française et
jouent leur partition dans la paupérisation du pays. Mais là n'est pas notre
propos aujourd'hui, car il y a bien lieu d'écrire « échec du socialisme »,
et voici pourquoi.
Pour comprendre le mécanisme, il est besoin de rappeler que les élections
au Sénat reposent sur de grands électeurs sélectionnés par un système
extraordinairement compliqué et issus eux-mêmes d'élections intermédiaires :
municipales, régionales, etc. Or il se trouve que la droite a perdu depuis
2007 ces élections intermédiaires, d'où la victoire des socialistes aux
sénatoriales. Il reste alors à expliquer cette défaite de la droite aux
élections intermédiaires. Les caciques de la même droite donnent certes
beaucoup d'explications savantes, mais sans aller évidemment au fond de la
réalité : « Cachez ce sein que je ne saurais voir ».
En 2007, le nouveau pouvoir était élu sur un programme de droite par une
majorité de droite, et il avait non seulement la possibilité de rompre avec
le socialisme, mais le devoir de le faire. Il n'a pas fait la rupture et, au
contraire, a consolidé et amplifié le socialisme à grande vitesse, ce qui a
découragé les électeurs.
Amplification du socialisme
Le premier moyen fut d'appeler autour de la table ministérielle et aussi
ailleurs des socialistes décidés à empêcher toute réforme valable. Le
deuxième moyen fut de donner très publiquement le pouvoir à des syndicats
guère représentatifs et ne subsistant que grâce à des lois obsolètes et à de
l'argent volé aux citoyens.
La marche forcée imposée à la France vers le socialisme par ce pouvoir s'est
traduite par une liste considérables d'actions diverses. Citons au hasard et
dans le désordre : la politique industrielle, l'État intervenant à tort et à
travers dans le fonctionnement des entreprises ; le quasi blocage des
loyers, avec un retour hypocrite à une sorte de loi de 1948 ; le nouveau
droit de préemption accordé aux maires : sous prétexte de leur donner le
droit de veiller sur les changements de fonds de commerce, ils ont un droit
de préemption sur les baux commerciaux au détriment des droits de propriété
; le grand emprunt par lequel l'État se donne la possibilité abusive
d'emprunter de l'argent pour choisir des investissements baptisés « d'avenir
» ; le véritable déchaînement dans l'accroissement des impôts avec une
inventivité marquée pour trouver de nouveaux systèmes de prélèvements
fiscaux ; la poursuite et l'aggravation sans limite de l'endettement public
général ; le véritable tsunami des réglementations diverses et changeantes
selon l'humeur du pouvoir, avec l'insécurité juridique totale en
conséquence.
Les fruits amers de cette marche forcée vers le socialisme s'observent de
plus en plus : chômage récurrent, destruction des industries dont beaucoup
quittent le territoire, difficulté permanente dans le logement, souffrance
intolérable des PME, départ des grandes fortunes pourtant nécessaires pour
faire tourner la machine, paupérisation croissante du peuple français avec
l’expansion des Restos du cœur, du Secours catholique et d'autres œuvres
charitables.
C'est pour toutes ces raisons, que le pouvoir de Sarkozy-Fillon a perdu
les élections intermédiaires, ce qui a conduit au vote des grands électeurs
en faveur du parti socialiste pour les sénatoriales. Le 29 septembre, lors
de la parade télévisée des six candidats aux primaires socialistes, il était
tristement drôle de voir que leurs programmes sur beaucoup de points
n'étaient guère différents de ce qu'avait fait Sarkozy depuis son arrivée au
pouvoir.
Il est donc légitime de dire que la victoire du parti socialiste aux
sénatoriales met en lumière d'une façon surprenante les échecs du
socialisme.
L’explication démocratique
Face à ce phénomène historique incroyable qui voit Sarkozy aidé par
Fillon courir derrière le socialisme, il reste à chercher l'explication
ultime. Nous allons rencontrer alors le fonctionnement de la démocratie, à
laquelle j'ai consacré un livre intitulé « La démocratie ou le rêve en
morceaux ».
La première explication est que le socialisme déclenche et alimente sans
s'arrêter jamais la « rivière argentée » des fonds publics, laquelle arrose
d'une façon absolument incroyable la pyramide des élus du peuple. Celui qui
se trouve hissé sur le pavois serait un très mauvais camarade si, aussitôt
arrivé aux affaires, il voulait enlever à ceux qui l'ont promu l'essentiel
de leur propre richesse. C'est une nouvelle forme de l'interpellation
fameuse « Qui t'a fait Comte, qui t'a fait Roi ?», lancée à Hugues Capet il
y a plus de mille ans !
La deuxième explication est que l'élection est obtenue non seulement
grâce à l'aide des camarades mais grâce à beaucoup d'argent dont la
provenance est « diverse et variée ». Tout le monde observe que les
présidents américains ne sont, trop souvent, que les serviteurs de leurs
fastueux sponsors.
Enfin il se trouve que ces deux phénomènes inhérents à la démocratie
trouvent un terrain tout à fait favorable : la prétendue éducation prétendue
nationale diffuse la doctrine socialiste à tous les niveaux en commençant
par le secondaire et en terminant par le supérieur jusque même dans les
grandes écoles. La presse et les médias continuent le « travail ». Il en
résulte que les élus de tous ordres, y compris l'élu suprême, n'ont aucun
mal à se couler dans le moule général.
S'il y a d'autres explications, nous les lirons avec plaisir et, en
attendant, nous faisons comme Candide et cultivons notre jardin.
Michel de Poncins.
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