Que se lève enfin la colère du peuple !
L’horreur des tueries de Montauban et de Toulouse aurait dû soulever la
colère des Français. Ils se sont contentés d’exprimer leur réprobation et
leur compassion. Depuis de longues années, la France ne sait plus réagir aux
évènements dramatiques que par des cellules psychologiques et des marches
blanches. Nous ne sommes plus qu’un peuple hébété !
Pourquoi la France est-elle ainsi sortie de sa propre histoire ? Parce
qu’elle vit dans un système économique, social et médiatique qui a cassé
tous ses ressorts. Les classes moyennes et populaires, abruties par les
prélèvements obligatoires et les redistributions massives, ne vivent plus
dans un univers où l’on gagne dignement sa vie, mais
dans un monde où l’on saigne les uns pour entretenir les autres. Ceux qu’on
saigne ont perdu toute envie de travailler et de s’enrichir, ceux qu’on
entretient ont la haine d’une République qui ne leur donne jamais assez.
Ceux qu’on entretient sont de plus en plus nombreux, d’une part parce que
bon nombre de saignés rejoignent leurs rangs, épuisés par le traitement subi
et privés de toute force, et d’autre part parce que la France continue
d’accueillir chaque année plusieurs centaines de milliers d’immigrants qui
ne viennent pas y chercher un travail aujourd’hui disparu, mais de
généreuses allocations.
Et aucun écho de ce drame continu ne parvient aux oreilles des Français,
sinon par des conversations en famille ou entre amis. Car les médias
officiels, ceux qui constituent l’agora, la place publique où se
déroulent en principe les débats de la nation, enfument tout le monde à coup
d’occultations et de mensonges éhontés.
Fermez le ban, neuroleptiques pour tout le monde : c’est la tournée des
patrons, cette caste politique gavée du sang des Français et qui pour rien
au monde ne veut être privée d’un pouvoir qui lui permet de vivre cent fois
mieux que le peuple et de s’enrichir insolemment. Simple question : comment
Nicolas Sarkozy, qui n’est pas le plus riche de la bande, a-t-il pu se
constituer un patrimoine de près de trois millions d’euros (selon sa
déclaration au Conseil constitutionnel), lui qui n’a fait que de la
politique depuis ses vingt ans, et alors que le patrimoine moyen de la
moitié des Français n’est, selon l’Insee, que de 150 000 euros ?
Les Français, finalement, se doutent de tout cela, et n’ont plus
confiance dans leurs élites ni dans la classe politique. Mais ils ne savent
pas comment faire pour se sortir du trou où on les a enfoncés, et ils n’en
ont même plus vraiment envie. Alors encore une marche blanche, au moins cela
fait prendre l’air.
Cette sinistre ambiance ressemble beaucoup à celle qui régnait de l’autre
côté du rideau de fer, au temps du communisme triomphant, quand le peuple
n’avait comme arme que l’ironie : « Ils font semblant de nous payer, on fait
semblant de travailler. »
Mais l’Union soviétique s’est effondrée et son empire avec elle. Il en
ira de même du système français. Il ne dépend plus que du niveau des taux
d’intérêts à long terme, comme pour tous les pays lourdement endettés de la
zone euro. La moindre inquiétude sur leur capacité à réduire leurs dépenses
les fait s’envoler aussitôt. Comme aucun candidat à l’élection
présidentielle française n’a inscrit cet impératif à son programme, les
prêteurs internationaux de manqueront pas, dès le lendemain du scrutin, de
renforcer leurs exigences. L’élu n’aura plus qu’à se suicider politiquement
en avouant, comme tous les décavés, qu’il ne peut plus rembourser la dette.
Nous voilà loin des abominables tueries de Toulouse et de Montauban ?
Bien au contraire. Elles n’auraient jamais eu lieu si, au lieu de dériver
depuis trente-huit ans comme un chien crevé au fil de l’eau, la France avait
été gouvernée par des hommes et des femmes dignes d’elle et non par des
charlatans et des escrocs. Ils ne se sont pas contentés de nous ruiner. Ils
nous ont livrés aux assassins. Honte à eux et que se lève enfin la colère du
peuple !
Claude Reichman
Porte-parole de la Révolution bleue.
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