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30/4/22 Claude Reichman
     
          La révolte de la jeunesse est inéluctable !

Quiconque exerce un métier en France a pu faire ce constat : il y a de plus en plus d’obligations pour le pratiquer. Or ce devrait être le contraire. Le monde entier bénéficie de la formidable innovation qu’est l’informatique, qui permet de simplifier la quasi-totalité des procédés professionnels, y compris ceux qui relèvent de l’administration, qu’elle soit publique ou privée. Par quel mystère le résultat inverse a-t-il été obtenu dans notre pays ?

Il n’y a en vérité aucun mystère. En France, l’Etat a poursuivi son irrésistible croissance et a mis l’informatique à son service pour imposer davantage sa férule à tous et à chacun. Ce n’est en rien une nouveauté. Tout pouvoir tend à croître indéfiniment. On se souvient du savetier de La Fontaine se plaignant de monsieur le curé qui « de quelque nouveau saint charge toujours son prône ». L’Eglise à cette époque régnait sur la société et ne cessa d’imposer son emprise qu’au début du vingtième siècle.

C’est dire que l’administration française a de beaux jours devant elle si rien ne vient interrompre son règne. Nous sommes là au cœur du mal français. Celui-ci n’a rien de mystérieux. Il n’est que la manifestation pathologique d’une organisation de la société reposant sur l’Etat et non sur le libre exercice des activités économiques. Ce qui se traduit par un pourcentage délirant de dépenses publiques, qui atteint aujourd’hui les deux tiers de ce que produit le pays.

Friedrich Hayek a montré comment le nazisme a pu s’imposer en Allemagne. Les dépenses publiques y avaient atteint 53 %, et qui parvenait à mettre la main sur le pouvoir politique s’emparait en même temps d’un pouvoir absolu sur la société. De là à dire qu’il existe un risque totalitaire en France, il n’a qu’un pas à franchir. Seule nous en protège une vieille tradition française de liberté, cependant bien souffreteuse aujourd’hui. Il suffit que le fragile équilibre de la société se rompe sous la pression des problèmes non résolus et de la violence croissante pour que les digues démocratiques s’effondrent et qu’un régime dictatorial s’impose.

La complexité est à cet égard un atout de première importance pour les postulants à la dictature. Mussolini disait : « Nous avons été les premiers à affirmer que plus les formes de civilisation sont compliquées, plus la liberté individuelle doit être restreinte. » N’importe quel technocrate français pense exactement la même chose. De là à le traiter de fasciste, il y a un pas qu’il ne convient pas de franchir. On peut simplement dire qu’il s’agit d’un apprenti fasciste. Et que fort heureusement tous les apprentis ne parviennent pas à la maîtrise.

Le comportement de l’Etat pendant la pandémie de covid a, à cet égard, de quoi inquiéter. La mise sous tutelle de la société y a atteint des sommets inquiétants. Qu’on pense au confinement, dont l’inefficacité est aujourd’hui avérée, ou à la vaccination généralisée, qui a démontré son inutilité à l’exception des personnes âgées, auxquelles il aurait suffi de la proposer, ou encore à ces invraisemblables autorisations de sortie qu’on se délivrait à soi-même. Aujourd’hui, à Shanghai, des policiers en scaphandre blanc traquent les malheureux habitants auxquels on interdit, pour cause de covid, de sortir et à qui des drones munis de haut-parleurs délivrent cette injonction : « Contrôlez votre désir de liberté ! »

En conclusion, je n’hésiterai pas à dire que la liberté est menacée en France et que l’on est très loin de pouvoir espérer la prospérité pour tous dans notre pays. Le devoir qui s’impose à tout citoyen responsable est de proposer des solutions. Je considère que seul le rétablissement de la liberté dans tous les domaines est de nature à traiter le mal. Et que le retour des dépenses publiques à leur seuil des années soixante du siècle dernier, c’est-à-dire au tiers de la production, est la condition impérative du rétablissement d’une démocratie digne de ce nom.

Le meilleur outil dont nous disposons à cet égard nous a été fourni par la construction européenne. Il consiste dans la mise en concurrence de la sécurité sociale. A elle seule cette réforme, dont toutes les lois sont votées, nous fera atteindre l’essentiel de notre but. Nous la devons à notre jeunesse à qui nous faisons payer des cotisations pour une retraite dont ils ne verront jamais la couleur. On se demande d’ailleurs par quel miracle pour le pouvoir établi les jeunes français ne se révoltent pas et ne chassent pas à coup de pied dans le train les grands chefs à plume qui les réduisent en esclavage.

Tous les retraités que je connais souhaitent le bonheur de leurs petits enfants et les aident autant qu’ils le peuvent. Ce sentiment puissant doit être transformé en politique. C’est celle qu’il convient désormais de mener en France. Si Eric Zemmour l’avait compris, il serait aujourd’hui président de la République.

Claude Reichman



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