www.claudereichman.com


Accueil | Articles | Livres | Agenda | Le fait du jour | Programme

A la une

2/9/23 Claude Reichman
     

                 

                Refaisons de la France un rêve français !

La France est en fait un rêve français. Celui qui vous permet de régner sur un morceau de planète idéal. Un pays à l’infinie variété de paysages, protégé par des frontières naturelles, et au climat tempéré. Un pays où il fait si bon vivre qu’on ne peut imaginer sort meilleur que d’y habiter. Un pays où les meilleures cultures ont su s’intégrer et faire de son peuple le plus intelligent de la terre. Et vous voudriez qu’un tel paradis n’ait pas un Etat fort ?

L’Etat, en France, est un propriétaire. Tout ce qui fait la joie de vivre dans ce pays lui appartient. Du moins est-ce ce qu’il pense. De ce fait, le citoyen qui voudrait vivre à sa manière, et non selon les canons de l’Etat, est par nature un être haïssable aux yeux non seulement de celui-ci mais aussi de tous ceux qui lui ont juré fidélité, par obéissance ou par intérêt. Aucune révolution n’a pu vraiment prospérer en France. L’Etat est resté ce qu’il est, immuable dans sa permanence, mieux dans son éternité.

Voilà pourquoi on trouve de moins en moins de Français qui nourrissent l’espoir d’un changement. Certes beaucoup protestent, et même injurient le président, mais que font-ils pour que cela change ? Rien. Vous êtes bien sévère, me reprocheront certains, que peut-on faire quand au moindre regard de travers on est traduit en justice ? Il est vrai que pour un oui ou pour un non, on a droit au code pénal qui punit la moindre peccadille d’au moins un an de prison et de quinze mille euros d’amende. Ce code a été rédigé au début de l’empire pour asseoir sa domination, et a été à peine modifié dans son esprit par la suite. Le code pénal est le texte qui permettait de punir les Français récalcitrants, et il l’est resté, même s’il lui arrive de punir des malfaiteurs.

Les Français ont eu la chance insigne d’avoir des réformateurs qui ont imaginé de construire un ensemble européen. Et qui l’ont fait. Mais ce sont aussi des Français qui ont saboté méthodiquement la construction européenne. Pour ne prendre qu’un exemple, les réformateurs ont voulu un ensemble européen où règne la liberté des échanges. Il n’y avait rien de mieux pour se libérer des pesanteurs et des archaïsmes. La France s’est emparée du service juridique de la Communauté et a rembarré ceux qui entendaient se prévaloir de ces nouvelles libertés. Les autres Etats membres ont laissé faire, sachant que finalement le poids de la France, alliée à l’Allemagne dont l’économie profitait largement de la situation, l’emporterait.

La réforme exige qu’on ait le pouvoir et qu’on le garde assez longtemps. Les réformateurs n’ont pas eu cette chance. Les échecs européens, dus essentiellement à notre pays, ont créé à l’intérieur de celui-ci un courant qui se dit « souverainiste » et qui a ceci de particulier qu’il est incapable de dire en quoi consisterait la souveraineté qu’il appelle de ses vœux. Pour l’excellente raison que les Français ne veulent quitter ni l’Union ni l’euro et que les partis les plus hostiles à ces derniers ont renoncé à réclamer ce départ. Alors souverain sur quoi ? Mais voyons sur l’Etat, où s’accomplissent le mieux les destins de ceux qui n’ont pas les qualités nécessaires à une réussite civile. Régner sur les Français, voilà l’ambition des politiciens en France. Et non améliorer la vie de leurs compatriotes, pour lesquels ils n’ont pas la moindre affection.

Alors y-a-t-il un remède au mal français ? Oui, évidemment. Il réside dans la bataille juridique pour faire appliquer les libertés européennes. Les juges français ont jusqu’à présent résisté farouchement à l’application des lois de liberté. Tout comme les gendarmes gardent l’Elysée et les bâtiments officiels. Jusqu’au jour où un craquement aura lieu dans leurs rangs. Et ce craquement est proche. Il se nomme la conscience. On ne peut pas éternellement servir un Etat qui se moque des individus. Cela s’appelle une forfaiture. Et celui qui la commet encourt l’opprobre, qui sera transmis à sa famille de génération en génération. Voyez comme il est difficile à supporter de descendre d’un collaborateur sous l’occupation.

L’Etat n’a pu durer en France qu’au prix de son renoncement aux grands principes de notre civilisation. Les respecter ne le fera pas disparaître. Mais il aura une nouvelle relation aux Français. Evidemment, cela changera nos fonctionnaires et ceux qui les commandent. De petits chefs ils devront se transformer en serviteurs de la nation. Ils devront avoir ravalé leur mépris de tout ce qui n’est pas l’Etat et encourager à tout moment la réussite du secteur privé. Qui est le seul à pouvoir leur garantir une situation respectable. En somme, c’est un changement de rôle qui ne se produit pas souvent dans l’histoire.

La France doit pouvoir rester un rêve français. Parce que c’est notre pays. Que les liens charnels que nous avons tissés avec lui ont plus de force qu’aucun autre. Parce qu’ils sont la composante essentielle de l’histoire humaine. Homo sapiens a le regard toujours fixé sur la ligne d’horizon. Mais il ne rêve au fond que de « vivre entre ses parents le reste de son âge ». Un poète l’a superbement dit. Il était français !

Claude Reichman





 


 

Accueil | Articles | Livres | Agenda | Le fait du jour | Programme